Détecteur de monoxyde de carbone : est-il obligatoire, quel modèle choisir et où l’installer ?

Détecteur de monoxyde de carbone : est-il obligatoire, quel modèle choisir et où l’installer ?

Le monoxyde de carbone ne se voit pas, ne se sent pas et ne pique pas les yeux. C’est ce qui le rend si dangereux au moment où l’on rallume chaudières, poêles et cheminées. Le détecteur de monoxyde de carbone n’est pas obligatoire dans les logements en France, contrairement au détecteur de fumée, mais c’est un petit équipement qui peut sauver une famille entière.

Pourquoi l’automne est la saison à risque

Le monoxyde de carbone (CO) se forme lors d’une mauvaise combustion : chaudière mal réglée, conduit de cheminée encrassé, poêle à bois ou à granulés mal entretenu, chauffage d’appoint au pétrole utilisé en continu, groupe électrogène installé dans un garage. Il prend la place de l’oxygène dans le sang et provoque maux de tête, nausées, fatigue, puis perte de connaissance.

Selon Santé publique France, plus de trois quarts des intoxications accidentelles surviennent pendant la période de chauffe, d’octobre à mars. Le ministère de la Santé et les agences régionales de santé évoquent chaque année plusieurs milliers de personnes intoxiquées, dont une centaine de décès. Les premiers épisodes de froid, quand on rallume des appareils restés à l’arrêt tout l’été, sont particulièrement surveillés.

Obligatoire ou non ?

À la date d’octobre 2026, aucun texte n’impose le détecteur de CO dans les logements français. Seul le détecteur autonome avertisseur de fumée (DAAF) est obligatoire depuis 2015 ; nous détaillons ses règles dans notre article sur le détecteur de fumée.

Les pouvoirs publics recommandent pourtant de s’équiper, surtout si le logement compte un appareil à combustion : chaudière gaz ou fioul, chauffe-eau gaz, poêle, insert, cuisinière à bois. Certains assureurs le valorisent aussi lors de la souscription.

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Bien choisir son détecteur de CO

Un détecteur de fumée ne détecte pas le monoxyde de carbone, et inversement. Il existe des modèles combinés, mais ils doivent répondre aux deux normes. Les critères à vérifier :

  • la norme NF EN 50291, qui garantit les seuils et le délai de déclenchement, idéalement avec la marque NF ;
  • une alimentation par pile longue durée (souvent scellée pour 7 à 10 ans) ou sur secteur avec batterie de secours ;
  • un écran affichant la concentration en ppm, pratique pour comprendre une alerte ;
  • un bouton test facile d’accès ;
  • la connectivité si vous avez déjà une alarme ou une installation domotique : certains modèles s’intègrent à une centrale et envoient une notification sur le smartphone. C’est un vrai plus quand on s’absente, dans la logique de sécuriser son logement avec la domotique.

Comptez de 20 à 60 euros pour un modèle autonome de qualité.

Où l’installer

L’emplacement compte autant que l’appareil. Contrairement à une idée répandue, le CO a une densité proche de celle de l’air et se mélange dans la pièce ; il ne monte pas forcément au plafond comme la fumée.

  1. Dans la pièce où se trouve l’appareil à combustion, à 1 à 3 mètres de lui, jamais juste au-dessus.
  2. Près des chambres, à hauteur de respiration d’une personne allongée ou un peu plus haut, pour être réveillé à temps.
  3. À environ 1,50 m du sol sur un mur, ou au plafond à 30 cm de tout mur, selon la notice.
  4. Loin des fenêtres, des hottes et des bouches d’aération, qui fausseraient la mesure.
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Évitez la salle de bains (trop humide) et l’intérieur d’un placard.

Entretien : quelques minutes par mois

Appuyez sur le bouton test une fois par mois, dépoussiérez le boîtier avec un chiffon sec et notez la date de fin de vie indiquée sur l’appareil : le capteur s’use et doit être remplacé, généralement au bout de 7 à 10 ans.

Le détecteur ne remplace pas la prévention. Chaque année, avant l’hiver, faites entretenir votre chaudière par un professionnel, ramoner les conduits et vérifier que les grilles d’aération ne sont pas bouchées. Aérez au moins dix minutes par jour, même quand il fait froid.

Que faire si l’alarme sonne ?

  • Ouvrez immédiatement portes et fenêtres.
  • Arrêtez les appareils à combustion si c’est possible sans danger.
  • Faites sortir tout le monde, animaux compris.
  • Appelez le 15, le 18 ou le 112, surtout en cas de maux de tête, de nausées ou de somnolence.
  • Ne réintégrez pas le logement avant l’avis d’un professionnel.

Le monoxyde de carbone agit souvent la nuit, pendant le sommeil. Un détecteur bien placé près des chambres travaille en silence, comme une alarme maison pour la nuit, et ne se fait entendre que lorsqu’il le faut vraiment.

La Rédac

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